AUJOURD'HUI : S'INTERROGER
Mythes, mensonges, duperies...et réalité !

Malheureusement l'histoire d'Omaha est entourée de quelques mythes, mensonges et duperies. Nous essayons de rétablir la vérité avec objectivité mais surtout avec la volonté de respecter l'histoire (celle des Historiens) et la mémoire.
Voici les thémes évoqués:
-Attention aux témoignages !
-L'invention de la première maison libérée où l'on revisite l'histoire !
-Des paras-commandos dans la nuit du 6 juin ? et en plus une plaque souvenir...
-Les faux Gi's : français ! et américains...
-Les "Bedford boys"
-Où est la 352° DI allemande?
-Les pertes américaines : 2000 ou 4700 hommes ?
-Le port artificiel Mulberry A... détruit par la tempête... qui ne sert plus !
-Où se situe l'emplacement du WN 67 à SLM ?
-Le monument "Les braves" va-t-il rester sur la plage?

- Robert Capa et ses clichés d'Omaha Beach au cœur d'une polémique
-Compléments et liens


Préambule
le rôle de l’historien n’est pas seulement de distinguer la mémoire de l’histoire, de séparer le vrai du faux, mais de faire de cette mémoire un objet d’histoire, de s’interroger sur l’usage du faux comme du vrai et sur le sens que les acteurs veulent ainsi donner au passé et leur passé (…) La proximité de nécessité ou de sympathie, aussi forte soit-elle, ne peut en aucune façon servir à confondre les terrains et à escamoter les distances. Il ne s’agit pas de légitimer ce qui est maintenant, mais de pouvoir témoigner de ce qui a été, et de la façon dont cela était. Conservateur de mémoire, l’historien se trouve chargé de préserver ce qu’il doit par ailleurs décaper et démythifier. Il est et doit être, tout à la fois, un sauve-mémoire et un trouble-mémoire…

(Pierre Laborie, « Historiens sous haute surveillance », 1994,  Esprit, n° 198, 48)


Attention aux témoignages !

Un témoignage, le plus touchant ou le plus terrible soit-il, n’est que le reflet d’une mémoire composite, d’une « vérité individuelle » au regard de la « vérité historique », scientifiquement vérifiée, portée par l’historien de métier, formé à l'université. L'on sait que la fiabilté de la mémoire varie grandement d'un individu à l'autre, d'autant que les déclarations faites après des dizaines d'années sont obligatoirement incomplètes voire erronnées ; l'écoulement du temps altère la mémoire et ne fait ressortir que quelques scènes isolées. N'oublions pas qu' un individu, qu' un soldat, qu'un témoin n'est qu'un minuscule point au coeur d'évènements tragiques.
De là, la nécessité d'être prudent et de croiser documents et témoignages. Dans son ouvrage consacré à Omaha (plus de 500 témognages), l'historien J Balkoski a observé 3 règles pour rapporter des témoignages : l'anecdote doit de situer dans le temps et l'espace ; cela doit confirmer des détails majeurs du récit et, donc, en cas de contradiction, le témoignage est systématiquement écarté ; l'essentiel des témoignages est recueilli au plus tôt après le 6 juin 44. Ainsi des évènements historiques deviennent d'une crédibilité incontournable.
Ce n'est pas toujours le cas.
Or, dans le passé de nombreux témoignages ambigus n'ont jamais été éclaircis (ex: largage de paras à Saint Laurent) et, aujourd'hui, on peut trouver de (longs) témoignages de personnes qui étaient de très jeunes enfants le 6 juin... Alors : prudence !

L'invention de la première maison libérée où l'on revisite l'histoire !

A Saint Laurent sur Mer, une maison (en fait un gîte à louer) prétend être la "Première maison libérée au matin du 6 Juin à Omaha-Beach, Saint Laurent sur Mer".

Comment peut-on prétendre cela ? Il est strictement IMPOSSIBLE de pouvoir affirmer que telle maison ou telle personne a été le premier à rencontrer des Gi's le matin du 6 juin, tant la la confusion et le chaos régnaient partout dans le village. Des Gi's, il y en avait un peu partout en même temps ! chacun a vu le sien avant l'autre... Aucun témoignage (qu'il faut de toute évidence croiser) de qui que ce soit ne peut rien prouver. De plus, on essaie de tromper davantage en indiquant d'abord "Omaha Beach" puis Saint Laurent !

De plus, on y refait l'histoire et l'on vous promet de "découvrir des faits inédits", "des faits inconnus", un "témoignage unique", "une opération spéciale franco-américaine" : "Venez passer une semaine dans notre gite ou découvrir des faits inconnus, dans un cadre chaleureux, des faits inédits du débarquement grâce à une histoire racontée dans un lieu historique, la première maison libérée, la Maison de la libération. Ce lieu historique datant de 200 ans est la première maison libérée au matin du 6 Juin 1944. Dans une partie de la fermette se trouve le gîte meublé remis au goût du jour. A votre demande, son histoire vous sera racontée avec un témoignage unique et des faits peu connus, liés à une opération spéciale franco-américaine." indique la publicité du site web.
Cette première maison libérée est une pure affabulation, alors que dire des prétendues révélations historiques ! Est-ce utile d'aller si bas pour se faire de la publicité et attirer les gogos ?

Affligeant et ridicule, d'autant que...voir ci-dessous la plaque souvenir

 

Des paras-commandos dans la nuit du 6 juin ? et en plus une plaque souvenir...


Quelques témoins affirment l'existence d'un commando de paras ayant intervenu à Omaha dans la nuit du 5 au 6 juin 1944:

E Scelles témoigne : (Ferme du Prieuré à Saint laurent)
"et y'avait déjà des parachutistes qui avaient du venir car les fils téléphoniques allemands qu'il y ' avait sous terre étaient coupés, j'en suis formel ! Y ' avait une tranchée qui était faite sur 40 cm et ça avait été coupé derrière la ferme : le gros cable et le petit cable étaient coupés. Y'avait eu des infiltrations d'américains ? Peut -être quelques uns de parachutés auprès de la rivière l'Aure, je crois, je ne sais pas .
"
A André précise: "Derrière la ferme de la famille André de St Laurent sept parachutistes, arrivés dans les 23H30 ont déjà discrètement tué les 11 allemands qui dormaient dans la ferme, ils pourront ainsi mener à bien leur mission : "empêcher toute avance de renfort allemand sur le plateau".
Albert André témoigne dans le livre de Laurent Lefèvre « Ils étaient à Omaha » . Cela est également évoqué par G Bernage dans son livre sur Omaha qui parle d'un commando de 12 paras US qui aurait sauté dans la nuit du 5 juin à 0h sur St Laurent avec pour mission d’entraver tout renfort allemand et neutraliser à la matraque et au couteau des occupants de la ferme André.
Laurent Mari dans « Omaha la sanglante » parle de ces opérations et cite plusieurs témoignages. Des paras sont également signalés du côté de Colleville par Monsieur Féron lui-même témoin et qui cite également l’abbé Prempain de St Laurent, autre témoin.

Tous ces témoignages semblent ambigus et, de toute façon, n'ont jamais été corroborés par les américains.

Dans tous les cas, il faut préciser qu' AUCUN PLAN ou OBJECTIF DE LA 101ST AIRBORNE n'indique une quelconque mission de paras sur Omaha. Il ne pourrait s'agir que de quelques parachutistes américains malheureusement égarés comme il y en a eu beaucoup dans le Cotentin et quelques rares dans l'ouest du Calvados..


De là à réaliser une plaque souvenir comme il a été fait à Saint Laurent à la (pseudo et inventée) "Maison de la Libération", pour quelques paras perdus, il ne faut pas exagérer et demeurer sérieux ! d'ailleurs la plaque, qui comportait un texte d'origine inexact et trompeur, a été modifiée par la suite...

Ces 2 photos, mises en parallèle, montrent l'incompétence de personnes incultes qui se prennent pour des "historiens" et qui prétendent honorer la "mémoire" (laquelle?)!
On inaugure une plaque qui n'a RIEN à voir avec les évènements d'Omaha ("101st Airbone" )
puis... comme comme on a fait et écrit une grosse bétise...on rectifie l'inscription de la plaque !
La vanité est bien la source du ridicule.
p p1

 

 

Le faux Gi's français !

Un français Jacques Olivreau proclame depuis quelques années qu 'i'l a débarqué à Omaha le 6 juin 1944, toutefois sans JAMAIS donner de précisions et détails. Mais la presse s'en empare : (cliquer pour agrandir)

mais pendant l'été 2014, la vérité apparait enfin et Olivreau l'imposteur est démasqué !


Pour rappel, un seul français, Bernard Dargols, a bel et bien débarqué à Omaha : nous lui avons consacré un dossier et un ouvrage raconte son parcours exceptionnel.

 

Gene Cook, le vétéran mythomane démasqué par un historien américain !


Mort en 1994, le vétéran américain Gene Cook passa une bonne partie de sa vie à se faire passer pour un parachutiste de la 101e Airborne américaine ayant participé à la libération de la Normandie. Une histoire fausse selon l'historien américain Brian Siddall.

Il avait pris l’habitude de revenir en Normandie raconter son Débarquement héroïque en juin 1944. Sur Youtube, des vidéos témoignent de la ferveur avec laquelle il revivait cet épisode terrible de la Seconde Guerre Mondiale. Pourtant, l’histoire du vétéran américain Eugene A Cook Jr. n’était justement que cela. Une histoire.

L’homonymie était presque parfaite
Selon l’historien américain Brian Siddall, qui a longuement enquêté sur le sujet, c’est à un presque homonyme, Eugene N Cook, qu’Eugene A Cook Jr. avait emprunté le récit de ses exploits. N Cook (le vrai donc) est bien le nom d’un parachutiste américain, appartenant à la 506e Division d’infanterie parachutiste de la 101e Airborne. Une division qui a notoirement pris part à la libération de la Normandie en juin 1944.

A Cook Jr. (l’imposteur) a semble-t-il rejoint les rangs de l’armée le 14 février 1944, dans l’Ohio, comme l’explique Brian Siddall sur son blog. Premier fait marquant pour l’historien, le nom de A Cook Jr. ne figure pas sur les registres d’enrôlement de cette unité au printemps 1944. Engagé tardivement dans l’armée américaine, A Cook Jr, n’aurait vraisemblablement pas pu mener à bien un entraînement de parachutiste, recevoir un ordre de mission pour rejoindre l’Europe et participer au Débarquement de Normandie en si peu de temps. Le vrai Cook avait lui rejoint les rangs des combattants près de trois ans et demi avant de débarquer en Normandie.

Il semblerait que A Cook Jr. ait bien rejoint l’Europe, mais en 1945, en Allemagne. Pendant plusieurs années, Eugene A Cook Jr. est venu raconter son histoire aux petits Normands, particulièrement dans la Manche, à Ravenoville, une petite localité proche d’Utah Beach. Le 28 février 2014, Eugene A Cook Jr. est décédé des suites d’un cancer. Il aura réussi à emporter son lourd secret dans sa tombe. Il ne s’attendait certainement pas à ce que celui-ci soit exhumé, trois ans après son décès.

 

Un cas qui n’est pas unique
En révélant au grand public l’affaire Eugene Cook, l’historien Brian Siddall n’en est pas à son coup d’essai. En 2009, il avait déjà fait éclater la vérité sur le cas de Howard Manoian. Ce vétéran américain affirmait lui aussi avoir sauté en parachute sur la Normandie au printemps 1944. Or si Howard Manoian a bel et bien combattu en Europe lors de la Seconde Guerre Mondiale, il n’a vraisemblablement jamais appartenu à l’Airborne. Comme Eugene A Cook Jr. il a pourtant témoigné en Normandie à de très nombreuses reprises et raconté une histoire qui n’était pas la sienne. Plus tôt en 2004, une autre mystification avait été révélée à la Maison de retraite de Creully.


Les "Bedford boys"

Ce qu''on lit souvent, y compris sur ce site:
Le 6 juin à 6H36, 30 soldats originaires de Bedford débarquent avec la compagnie A du 116 régiment : 19 meurent et 5 sont blessés. Au total, à la fin de la guerre, Bedford a perdu 21 hommes dont 10 seront rapatriés. Désormais un mémorial a été construit (2001)
Onze soldats originaires de la petite ville de Bedford (3200h) sont au cimetière (enterrés ou inscrits) dont 2 frères (Bedford et Raymond Hoback (Bedford G10 tombe 28, Raymond non retrouvé, sauf sa bible).


Le site de l'association "Omaha Beach Bedford "écrit

 Le 6 juin 1944, lors des premières vagues d'assaut à Omaha Beach, Normandie, le 116ème Régiment d'Infanterie de la 29ème Division prenait pied sur la plage de Vierville. A la fin de la journée, 21 hommes, tous de Bedford en Virginie U.S.A., avaient été tués au combat. C'est pour maintenir le souvenir de cette très lourde perte que le Maire de Bedford proposa au Maire de Vierville (Calvados), la signature d'une charte de jumelage avec Omaha Beach.
De cette décision naquit, à l'automne 1998, l'Association OMAHA BEACH / BEDFORD, qui a pour objet de représenter et de faire vivre ce jumelage représentant 12 communes groupées autour de Vierville, Saint Laurent et Colleville, la plage commune à ces trois localités constituant le lieu central du site d'Omaha Beach.

Ce que conteste l'historien A Beevor dans son ouvrage "DDay et la bataille de Normandie":
"Un mythe est né selon lequel la plupart des morts de la Cie A étaient originaires de la ville de Bedford en Virginie. En fait, seuls 6 venaient de cette ville, et le 6 juin, la Cie ne comptait dans ses rangs que 24 hommes de tout le comté de Bedford. (environ 100 hommes sur 215 de la Cie A ont été tués"

Où est la 352° DI allemande ? en manoeuvre ?

Le 15 mars 1944, sur l'ordre de Rommel, la 352e DI allemande est poussée vers la mer, afin de renforcer la 716e division d'infanterie allemande déjà en place. Ce mouvement semble passer totalement inaperçu des Alliés. L'information avait pourtant circulé dans le Haut Commandement allié (SHAEF), notamment dans la synthèse hebdomadaire du 21e Groupe d'armées (21st Army group weekly Neptune Intelligence Review) daté du 3 mai 19444.[source Wikipédia]
J Balkoski évoque la découverte de cette 352° division le 4 juin au soir, soit 30 heures avant le débarquement !

Ou était-elle le 6 jun 1944? On a dit/écrit que la 352ème division était en manoeuvre ce jour là. C'est tout à fait inexact. Il y avait bien un "Kriegspiel" d'état-major à Rennes le mardi 6 juin,mais réservé aux généraux de division. De là surement cette inexactitude que l'on peut encore rencontrer.
D'après A Beevor, 3 bataillons étaient présents à Omaha:

la 352e DI allemande, le 6 juin 1944
-Le 914e régiment de grenadiers était positionné, en juin 1944, sur le flanc gauche de la division entre Isigny et Grandcamp7.
Il a été mis à contribution en pleine nuit du 5 au 6 juin, du fait des largages de parachutistes dans le Cotentin6.Il est aussi intervenu sans succès à la pointe du Hoc contre les Rangers.

-Le 915e régiment de grenadiers formait, avec le bataillon de reconnaissance, le Kampfgruppe Meyer, réserve du 84e corps d'armée allemand du général (Generalmajor) Erich Marcks. L'unité avait été mise en alerte dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, afin d'intervenir depuis la région de Bayeux vers Carentan contre les parachutistes américains de la 101e division aéroporté US. Au petit matin, à la nouvelle du débarquement amphibie, le contre-ordre fut donné. Les trois bataillons contre-marchèrent vers Bayeux, leur point de départ, toute la matinée du 6 juin. L'un des bataillons (II/915 IR) fut envoyé vers Omaha Beach(Colleville-sur-Mer) alors que le reste du Kampfgruppe était dirigé au Nord Est de Bayeux pour contre-attaquer la 50e division d'infanterie britannique qui commençait à percer le mince rideau défensif allemand. Malgré l'appui de dix Sturmgeschütz IIIG, la contre attaque allemande, qui percuta les pointes offensives de la 231e brigade d'infanterie anglaises en sortie de plage, fut un échec10. Les Allemands se firent tailler en pièces, le Kampfgruppe Meyer étant anéanti. Le colonel Meyer fut tué, livrant aux Anglais sa carte d'état major renseignée. Conséquence rapide, le PC de la 352e DI, positionné à Littry, subira dès le lendemain, un bombardement aérien.

Omaha Beach, les soldats des 916e et 726e régiments de grenadiers occupaient les quinze positions fortifiées appelées Wiederstandnest (Wn 60 à 74).Ils combattirent avec une efficacité redoutable, défendant les falaises surplombant la plage pendant plusieurs heures. Elles causèrent des pertes sérieuses aux Américains, avant d'être finalement débordées autour de midi.

 

 

Les pertes américaines : 2000 ou 4700 hommes ?

les chiffres varient énormément : pertes de 2000 h à 4700 h ! Nous avons réalisé un dossier complet qui présente toutes ses données avec plusieurs tableaux de synthèse.

Il est donc très difficile de pouvoir affirmer avec certitude un chiffre. Nous pensons que le travail de J Balkoski mérite une attention particulière.
=> Voir le DOSSIER BILAN

 

Le port artificiel Mulberry A... détruit par la tempête... qui ne sert plus !

 

"Vu la manière dont les évènements ont tourné, il est probable que nous aurions réussi une invasion victorieuse sans les mulberries et cette conclusion est dans une certaine mesure confirmée par l'expérience américaine du mulberry A." Sir Athur Monckton , rapport du de fin 1944

Lorsque que le port artificiel "Mulberry A"  est presque terminé et qu'il fonctionne déjà avec plus de 8000 T par jour survient la terrible tempête des 19/22 juin 1944 qui va détruire le port : une centaine de LC sont perdus, presque tous les pontons sont détruits, la plage n'est qu'un amas de 800 embarcations enchevêtrées et mêlées à diverses épaves (jetées, navires...).27 phénix sur 35 sont détruits. 

Ensuite on écrit que le port ne fonctionne plus, au contraire du port anglais d'Arromanches.

Le port sera modifié : la digue est renforcée par 12 blockships supplémentaires (10 américains et 2 anglais seront coulés entre le 7 juillet et le 26 août, soit un total de 26 ) et 26 nouveaux Phoenix destinés à l'origine à la rade Mulberry abandonnée (8 en section A, 5 en section B et 13 en section C) ; pour le reste, ce qui sera récupérable sera transféré à Arromanches.

Contrairement à ce que l'on pense, le port d'Omaha n'est surtout pas abandonné, il reprend du service avec une technique différente mais très efficace: des "causeways" (chaussées flottantes) et un système de "pontons rhinoferry", flottants et se déplaçant, qui permettent le déchargement. Très vite les 7 km de la plage d'Omaha vont devenir le port le plus actif alors que les structures portuaires initiales sont détruites!
Ainsi fin juin :

Fin juin 44
Tonnes par jour
% prévisions
OMAHA (plage)
14.200
120 %
UTAH (plage)
7000
124 %
ARROMANCHES (port)
3600
80 %
GOLD (plage)
4500
 
JUNO (plage)
5200
 
f f

Entre le 6 juin et le 31 Août, 35 à 49% du tonnage britannique transita par Arromanches, mais ce chiffre atteint à peine 12% avant le 19 juin et moins de 20% début Juillet. Alors que sur les plages américaines, 10.000T de matériel sont débarqués chaque jour, dans le port artificiel britannique on en compte seulement ...6000.

Au total, les deux plages américaines ont réussi à débarquer en juin près de 300.000 T et plus de 450.000 Gi's, ce qui demeure en dessous des prévisions (360.000 T et 580.000 Gi's). Seront donc mis en complément d'activités tous les petits ports traditionnels de la côte : Port en Bessin, Isigny et Grandcamp le 23 juin, Carentan et Barfleur le 25 juillet, St Vaast le 9 juillet qui permettront chacun de dépasser les 1000 T par jour. Cherbourg complètement dévasté sera devenu l'équivalent du port artificiel d'Omaha le 20 Août.

Le port va fonctionner durant 6 mois, en demeurant longtemps N°1

Tonnes/jour
Eté 44
Omaha 10.000 T juin à septembre
Utah 5000 T  
Arromanches 6765 T  
Cherbourg 10.000 T
fin Août
20.000 T en Novembre

Conclusion : le Concept original de construction de port articiel est une Erreur : la preuve, le port d'Arromanches a été peu utile, alors qu'il a eu un coût très élevé (fabrication et transport soit un coût de 20 millions de livres et une mobilisation de 20.000 hommes), la nouvelle technique utilisée par les américains s'est révélée autrement plus efficace et moins coûteuse. Une erreur qui ne sera plus jamais faite ! La construction d'un port artificiel est donc une erreur logistique, le seul rôle positif a consisté dans le fait que les alliés n'ont pas débarqué dans un port "classique" là où les allemands les attendaient...
Toutefois Arromanches profite des vestiges pour faire venir les touristes et oublie de dire la vérité ! Vraiment dommage.


Où se situe l'emplacement du WN 67 à SLM ?

Un problème se pose sur l'emplacement des 2 Wn du village de Saint Laurent le WN 67 (fusées) et le WN 69 (sortie ouest du village).
La majorité des ouvrages et documents (Mari, Bernage) localisent ces Wn ainsi, tels qu'ils sont d'ailleurs présentés sur ce site

Certains auteurs d'ouvrages consacrés exclusivement à Omaha ne situent pas au mêmes endroits ces WN, en particulier le WN67 qui est situé selon les auteurs
- sur le littoral (au pied du WN 66) (Atlantikwall)
- sur la falaise entre le Wn66 et le WN65 (Keusgen)
- près de l'église de SLM (Balkoski)
- sur le plateau au milieu de la valleuse de Saint laurent (Prime)

 

L' avis 'Y Cordelle (voir son site)

Le WN 66 était placé immédiatement à l'est de la descente des Moulins à St-Laurent.
Il était apparemment en pleine construction et les positions d'artillerie en service le 6 juin étaient très limitées: un canon PAK de 50 mm en bordure de mer, une postion de tir individuel double orientée vers le sud et l'ouest en haut de la bordure est du vallon, et peut-être un tobrouck pour mortier sur le plateau.
Par contre au moins 4 bunkers étaient en pleine construction.

Le WN 67 est indiqué sur une carte Allemande immédiatement à l'est du WN66. Mais aucune vraie fortifications allemande ne se trouvaitsemble-t-il à cet emplacement, sinon une surface abondamment terrassée, qui ressemble à un WN factice, destiné à servir de leurre. Peut-être le WN 67 est-il donc une fausse installation. Par la suite, on a pu interpréter la position des lance-fusées Nebelwehrfer comme étant le WN67. C'est possible, mais peu vraisemblable, car l'emplacement du WN67 indiqué sur les cartes allemandes ne correspond pas à celui des lance-fusées, qui n'ont d'ailleurs été mis en place qu'en mai 44.

Le WN 69 est repéré sur une carte Allemande dans la partie ouest du bourg de St-Laurent.
Effectivement se trouvait dans cette zone la Kommandantur de Saint-Laurent et le PC de la compagnie 10/726 et probablement celui de la compagnie 5/916 arrivée récemment.
Un poste de DCA (mitrailleuse) était installé sur le toit d'une maison au nord de la route. 
La route vers Vierville était fermée la nuit par un barrage constitué de 2 portes belges mobiles (éléments C). 
En avril et mai 1944, une unité de lance fusées incendiaires de 320mm dits Nebelwehrfer (100ème Abteilung) s'est installée au sud de la route. 
Des cables téléphoniques enterrés ont été repérés facilement par avion dès leur mise en place. Ils reliaient les WN des Moulins et du Ruquet au PC et à un central téléphonique situé dans un abri à Louvières.

Que conclure ?
L
a localisation du WN 69 semble bien précisée et assurée. Faut-il y inclure ou non les lance-fusées ou le mettre à part dans un WN67 ? Là est la vraie question. Par contre, il y beaucoup d'ambiguité pour l'emplacement et la nature exacte du WN 67, Y Cordelle pense : "le WN 67 est une position défensive factice voisine du WN 66, au nord du bourg de St-Laurent et en bordure de falaise."

=> Probablement, les WN 67et 69 ne font qu'un, nommé WN 69, et le WN 67 n' aurait pas existé ?

 

Le monument "Les Braves" va-t-il rester sur la plage?

De 2004 à 2010, les services de l'Etat et la commune de Saint Laurent sur Mer se sont confrontés pour la pérennisation des Braves implantés sur le sable de la plage ( domaine public maritime). Les médias ont largement fait écho à cette polémique qui trouva, en 2010, un épilogue heureux.

Lire notre dossier

En 2010, après une enquête publique favorable, le préfet du Calvados autorise le maintien des Braves sur le domaine public maritime pour une durée d'au moins 9 ans (AOT renouvelable).

Les Braves restent donc sur la plage de Saint Laurent : ils sont devenus l'emblême d'Omaha Beach que l'on vient voir et photographier !

 

Robert Capa et ses clichés d'Omaha Beach au cœur d'une polémique

Capa est mondialement connu, pour avoir bravé la mort à maintes reprises sur des zones de conflit, et surtout pour avoir immortalisé le Débarquement, le 6 juin 1944 à Omaha Beach. Soixante et onze années plus tard, Robert Capa, ou plutôt sa mémoire, se voient perturbés par une vive polémique : il aurait eu très peur, faisant une « crise de nerfs » lors du D-DAY.

Un ancien journaliste du New York Times, A.D. Coleman  (ancien critique photo du New York Times et historien), s’efforce depuis plus d’un an à démystifier le célèbre photographe de guerre… et veut faire entendre sa vérité en faisant descendre le légendaire photographe de guerre  de son piédestal, qu'il accuse d’avoir menti sur ses célèbres clichés du D-DAY. Ces révélations agacent dans le milieu du photojournalisme, qui a fait du cofondateur de l'agence Magnum une icône.

L’acharnement d’un ancien critique du New York Times

L'enquête a été initiée et amorcée par l’intuition de J.Ross Baughman, photojournaliste ayant reçu le prix Pulitzer à l’âge de 23 ans et familier des contraintes de l’argentique. Coleman a ensuite enquêté en fin limier, publiant avec une régularité qui a tenu ses lecteurs en haleine toutes les pièces du dossier, depuis les analyses d’images jusqu’aux comptes-rendus d’expériences techniques, en passant par les avis d’experts et les échanges souvent musclés avec les protagonistes de l’affaire. L’enquête a été saluée par l’un des syndicats de journalistes les plus influents aux Etats-Unis, puisque le Sigma Delta Chi Awards de l’excellence journalistique lui a été décerné en 2014.

La version officielle pointée du doigt

Deux versions des faits s’opposent alors sur le déroulement de ce 6 juin 1944

-la version officielle de Robert Capa.

Aux côtés des soldats de la compagnie E, le photographe débarque sur la plage de Omaha Beach et fixe à jamais ce débarquement historique à travers son objectif. Au bout d’1h30, Capa quitte soudainement les lieux, pris d’une soudaine panique, « Tout à coup, j’ai compris que je m’enfuyais », tel qu’il le conte lui-même dans son autobiographie. Juste un peu flou, comme le rapporte Télérama. Il envoie alors ses quatre pellicules -106 photos — au bureau londonien du magazine Life, alors dirigé par John Morris, qui confie le développement à un jeune laborantin de 15 ans. Mais dans la précipitation, le jeune homme commet l’irréparable et fait fondre l’émulsion de la pellicule. Un seul rouleau est sauf, celui des onze clichés qui nous restent aujourd’hui.

-La version de A.D. Coleman

Mas cette version ne plait pas à A.D. Coleman et ses confrères. Selon eux, Robert Capa n’aurait jamais pris ces 106 photos du D-DAY, pour la simple et bonne raison que le photojournaliste aurait été victime d’une « crise de nerfs » à Omaha Beach et aurait décampé au bout de 30 minutes seulement. La gaffe du laborantin ne serait que pure invention, sortie tout droit du cerveau de John Harris pour protéger l’image de son magazine et la réputation de Capa. C’est pour cela qu’aujourd’hui, après une enquête certes fournie et minutieuse, qu’A.D. Coleman accuse Robert Capa, John Morris, Life, l’agence Magnum (cofondée par le photojournaliste en 1947), l’International Center of Photography de New York et bien d’autres, d’avoir monté un complot afin de mystifier Capa et d’en tirer profit


-Les fameux négatifs

le photographe Rob McElroy démontre que si les négatifs avaient été détériorés parce que le laborantin trop pressé a augmenté la température de la sécheuse avant de refermer la porte, faisant fondre l’émulsion sur la pellicule, l’ensemble des quatre pellicules aurait été abîmé de manière uniforme. Coleman a d’ailleurs découvert avec surprise la semaine dernière qu’un certain Jim Hughes avait fait part de son incrédulité dès 1986, dans la revue Popular Photography. 

De la même manière, une vidéo du Time publiée en mai 2014 montrait un décalage de conservation irréaliste entre les «Magnificent Eleven», presque intactes, et le reste des négatifs complètement blancs. Suite à l’intervention de McElroy, qui s’étonnait d’apercevoir enfin ces négatifs alors que Morris avait mille fois fait part de ses regrets de les avoir jetés en 1944, et surtout,accusé d'avoir créé un faux document, le Time a modifié sa vidéo pour y ajouter la mention «Photographie d’illustration».

Reste que ce qui a été considéré pendant plusieurs mois comme une vaste théorie du complot semble aujourd'hui faire consensus. Notamment depuis que Morris, l'éditeur photo de Life, le plus sévèrement attaqué par l’enquête, a changé de discours à 98 ans en annonçant sur la chaîne CNN en novembre 2014 qu’il se pourrait bien qu’aucune des photographies de Capa n’ait été perdue en juin 1944.Voir les photos du dossier Capa

Que reste-t-il alors du mythe Capa ?

Il est bien sûr écorné pour beaucoup.
Coleman a un ton accusatoire, incisif, qui lui a valu d’être accusé de «cracher sur la tombe de Capa» ou de n’avoir aucune compassion pour le vieux Morris à moins que cel ne soit qu'une stratégie médiatique . 

Pour le chercheur en histoire visuelle Patrick Peccatte, qui s’est fait le relais de la polémique en France en publiant une synthèse de l’enquête sur son carnet de recherchesDéjà Vu, «il a été difficile d’admettre l’histoire somme toute assez navrante qui se dessine maintenant». Il explique à Libération que «le mythe en a pris un coup, même si cela ne fait pas de Capa un moins bon photographe». «cette affaire ne dit rien de nouveau sur le Débarquement, l’authenticité et la véracité des photographies n’ont jamais été remises en cause».

Pour d’autres, il est hors de question de toucher à la légende Capa. Jean-François Leroy, directeur du festival de photojournalisme Visa pour l’Image, affirme que «Capa reste Capa et restera Capa jusqu’à la fin du monde».Contacté par Libération, il ne cache pas son animosité envers Coleman et sa«monumentale aigreur» : «Capa y était, il a laissé onze photos éblouissantes, pour moi le reste n’est que littérature».

La querelle de chapelle ne semble pas vouée à s’apaiser, d’autant que les deux parties aiment à citer les mêmes mots de Capa, extraits de son autobiographie Juste un peu flou, pour montrer qu’il n’a jamais caché sa peur : «C’était une peur nouvelle, qui secouait mon corps de la tête aux pieds et déformait mon visage […] J’ai tenu mes appareils au-dessus de ma tête, et soudain j’ai su que je m’enfuyais. Je me suis dit, "Je vais juste aller me sécher les mains sur ce bateau"».

La légende d’Omaha Beach n’était qu’un des multiples rouages du «business Capa». De cette fable il faut sans doute retenir que le photojournalisme repose sur des mythes dont Capa n’est qu’un exemple. «Cela n’a rien à voir avec Capa, ni avec Morris ni quiconque personnellement. Il s’agit de certains comportements professionnels», rappelle Coleman à Libération. 70 ans après les faits, il est peut-être temps que les biographes fassent desMagnificent Eleven une nouvelle histoire, celle des seuls instantanés d’Omaha Beach que le grand Capa a pu prendre.

Au fond, la vraie polémique ne porte pas tant sur le fait de savoir combien de minutes Capa est resté au front, s’il a sur-exposé trois pellicules ou a endommagé un rouleau avec de l’eau de mer. Certes, il n’est peut-être pas le reporter de guerre infaillible que l’on a pu décrire, mais il n’en est que plus humain. Dans la seule archive radio où l’on peut entendre le photographe, datant de 1947 et retrouvée en 2013, Capa disait d’ailleurs d’un ton désinvolte : «Il y a tellement d’inventions qui m’entourent que je préfère laisser l’impression qu’elles sont toutes vraies».

Un enquêteur susceptible

Acharné, A.D. Coleman ne supporte pas les avis opposés. Sur Twitter, l’ex critique photo distribue les bons et mauvais points aux journalistes ayant écrit sur le sujet. Libération s’en sort haut la main (« juste », « bien documenté »), le Figaro est toléré (« un avis contrasté »). Quant au Monde (« une nouvelle attaque ») etTélérama… A.D. Coleman a pris en grippe le magazine culturel, ne supportant pas les quelques doutes émis quant à cette hypothèse complotiste. L’homme est allé jusqu’à envoyer une lettre à la directrice de la rédaction deTélérama, pour dénoncer l’égarement de l’auteure de l’article. Une missive bien entendu publiée sur son blog.

Un historien et ancien critique quelque peu susceptible donc.

Mais au final, l’important ne réside-t-il pas dans le fait que Robert Capa se trouvait à Omaha Beach ce jour-là, et qu’il est l’un des seuls à avoir immortalisé ce moment historique ? 

Sources : Dossier Capa réalisé par la synthèse d'articles parus dans Télérama et Libération

COMPLEMENTS

-Autres mythes (ailleurs qu'Omaha)

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-Quelques liens

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